Le pianiste cubain Omar Sosa n'aurait pu mieux nommer son troisième album de piano solo. Le silence y règne en maître, enveloppant chacune des notes, étirant les rythmes dans un appel à un voyage intérieur résolument contemplatif. Trop ? On peut, selon l'humeur, rester de marbre et estimer que Sosa force le trait jusqu'à sonner comme une bande son zen, lénifiante. Mais le musicien est subtil, et l'univers harmonique apprivoisé, un jazz latin minimaliste empreint de classique, ces treize titres largement improvisés peuvent être les véhicules de dérives suaves, apaisées. A rebours du bruit et de la fureur du monde actuel, Omar Sosa lance à l'auditeur un appel au calme intérieur à l'aide de 88 touches de piano, assorties parfois d'un Rhodes, de quelques percussions, de voix fantomatiques. Saurez-vous l'entendre ?